
Le survival horror est un genre qui a beaucoup souffert du passage à l’ère HD. Les séries phare de jadis se sont peu illustrées, ou du moins ont pris des directions qui n’ont pas convaincu leurs fans de la première heure. Entre un Silent Hill ayant perdu de vue le ressort de la peur psychologique, et un Resident Evil orienté action et multijoueur, le jeu d’horreur était aussi moribond que les créatures putréfiées qui en font la substance.
Toutefois, c’est une nouvelle IP qui a su redonner ses lettres de noblesses au genre. Le Dead Space d’EA a su nous terroriser en nous prenant par surprise. Reprenant le système de caméra à l’épaule de Resident Evil 4, il nous mettait dans la peau d’un ingénieur perdu dans un vaisseau spatial infesté de necromorphs, zombies de l’espace passablement belliqueux et fort peu avenants. Long, prenant, innovant et sans fautes de goût, Dead Space se voit aujourd’hui doté d’une suite qui, cette fois, est attendue au tournant.
Isaak Clark fait la tronche. Malgré sa nouvelle surper armure 2.0 d’ingénieur du futur, il va en baver…
Ambiance…
Volets fermés, casque sur les oreilles et isolement absolu. Ce sont les recommandations d’usages qui devraient être écrites en rouge au dos de la boite. Une expérience comme Dead Space 2 mérite que l’on se mette dans des conditions optimales pour l’apprécier à sa juste valeur.
Nous retrouvons donc Isaac Clark, qui pensait avoir mis un terme à la menace du Monolithe dans le premier opus. Cet artefact était à l’origine de la transformation de l’équipage de son vaisseau, l’Ishimura, en grotesques créatures mort-vivantes à l’anatomie improbable. C’est après 3 ans de coma que notre personnage se réveille dans la clinique d’une station spatiale. Et il semble que le cauchemar qu’il ait vécu soit sur le point de recommencer…
Ce qui frappe de prime abord, c’est la mise en scène, bien plus présente et dynamique. Si notre personnage, dans Dead Space premier du nom, était masqué et muet du début à la fin du jeu, c’était pour nous permettre de mieux entrer dans la peau du personnage et de ressentir de façon plus efficace un sentiment de solitude extrême. Ici, Isaac a un visage, une voix, et il n’hésite pas à s’en servir. Un parti pris qui renforce la narration et la mise en scène. Les personnages secondaires ne sont pas en reste ; peu nombreux, ils restent néanmoins attachants et intéressants.
L’histoire nous entraîne dans une nouvelle course au Monolithe, avec cette fois en toile de fond un complot mystico-religieux et les visions d’Isaac, fil conducteur narratif qui vous réserve leur lot de sursauts… Les cut-scenes se font en temps réel, pour maintenir le rythme effréné et haletant du jeu. Une approche qui n’est pas sans rappeler un certain Bioshock. Plus dramatique et humaine, la trame de Dead Space 2 est l’une des évolutions notables de la franchise.
Les influences sont toujours les mêmes. On retrouve une peur identique que dans les premiers films de la saga Alien. Errer dans des coursives de vaisseau, à l’affut du moindre bruit provenant du sol ou des conduits d’aération, tout en sachant qu’une nouvelle aberration organique aux membres tranchants peut surgir de n’importe où, est une expérience à couper le souffle. C’est à se demander pourquoi la licence Alien n’est pas confiée à Visceral games, tant le feeling entre le jeu et le film est proche. Ersatz de Facehuggers, créatures crachant de l’acide, déplacements de certains monstres ; nombreux sont les éléments qui nous rappellent nos sueurs froides devant le cafard géant de HR Giger.
L’autre influence manifeste est celle de The Thing, de Carpenter. Le design des monstres, amas d’organes recomposés de façon absurde et mortelle, semble s’inspirer de ce monument du film d’horreur des 80’s. Si vous êtes fan de ces deux films, Dead Space est une saga incontournable.
Si, visuellement, le jeu ne propose pas une évolution graphique très marquante, il reste tout de même plaisant et détaillé. La nouveauté de cet opus est à chercher du côté de la diversité des environnements. Si le premier se cantonnait aux couloirs sombres d’un vaisseau en perdition, sa suite offre un choix d’environnement plus étendu. Une école maternelle, des mines, un hôpital, autant d’ambiances visuelles qui renouvelleront l’intérêt du joueur. Une grosse surprise attend également les fans de la première heure, mais chuuuut (!), n’en dévoilons pas plus… Les amateurs de SF et de Space Opera ne seront pas déçus, la patte artistique du studio Visceral permet l’immersion dans un monde futuriste crédible. Le tout magnifié par un jeu de lumières maîtrisé.
L’ambiance sonore est dans la lignée de celle du premier épisode, à savoir d’excellente qualité. Murmures inquiétants, bruits aléatoires trompant votre vigilance, hurlements terrifiants des necromorphs, rien n’est laissé au hasard. Et comme dans tout bon survival horror, le son est un puissant ressort de gameplay qu’il serait imprudent d’ignorer.
En bref, le travail phénoménal sur l’ambiance du jeu garantit une expérience d’une intensité rare, sans temps morts, où chaque seconde du jeu est savourée par le joueur averti.
Dépêchez-vous de procéder une trachéotomie sous peine de prendre quelques litrons d’acide en représailles.
Manette en main…
… on retrouve ses marques ! Reprenant les excellentes bases de Dead Space, le jeu est efficace et précis. Si le gameplay peut s’apparenter au premier abord à celui de Resident Evil 4, il se révèle vite plus dynamique. Les coups au corps à corps ne sont pas contextuels, et contrairement à la saga de Capcom, on peut se déplacer en tirant ! Sans pour autant posséder l’agilité de sauterelle de Sam Gideon dans Vanquish, ou souffrir de la lourdeur bovine de Chris Redfield (Resident Evil 5), notre personnage a la bonne inertie pour instaurer un rythme de jeu posé, dynamique et précis. Un parti pris qui se justifie par LE point qui différencie Dead Space de ses confrères jeux d’horreurs : pour mourir, les ennemis doivent être découpés en morceaux !
Exit le sacro-saint headshot pour se débarrasser d’un zombie trop entreprenant, et place à la boucherie vidéoludique ! Chaque ennemi demande que l’on trouve son point faible et qu’on le découpe méthodiquement pour éviter de gaspiller ses munitions. Le démembrement comme base du gameplay, une idée innovante que l’on retrouve avec plaisir dans cette suite. L’arsenal reste le même, avec peu d’évolutions, mais son efficacité et sa diversité ne sont plus à prouver. Entre le cutter plasma qui vous permettra de trancher au centimètre près ce vilain tentacule crochu qui faisait mine de chatouiller votre jugulaire, et le fusil d’assaut façon « Alien » qui servira à freiner les accès d’affection des hordes de petits enfants necromorphs, chaque situation trouvera son arme de prédilection. Et chacune d’elle est dotée d’un tir secondaire.
Le cutter plasma, rapide et précis, sera probablement votre arme de prédilection
L’arsenal d’Isaac accueille encore une fois le module de stase, qui vous servira à stopper éléments de décors dangereux (pales de ventilateur, pilon géant) et ennemis en surnombre. Le module de télékinésie est également de la partie.
Certains y verront une absence de prise de risque, nous aurions tendance à y voir l’usage de valeurs sûres qui ont contribué à rendre unique le gameplay de Dead Space…. Unique et terriblement efficace.
La seule grosse amélioration notable en termes de jouabilité se situe dans les phases en gravité zéro. Elles sont désormais libres, et l’on se déplace en temps réel dans des environnements en 3D intégrale qui vous feront vite perdre le sens de l’orientation. Un ajout salutaire qui sera exploité lors de certains passages mémorables.
Les phases en gravité zéro ont été optimisée
Dead Space 1.5 ?
Oui, quelques points noirs à cette perle d’ambiance macabre. La durée de vie, même en difficile, est relativement limitée. Comptez une douzaine d’heures pour arriver à la conclusion de l’intrigue, mais de nombreux à côté sauront maintenir l’attention du joueur pour quelques heures de plus.
Le seul vrai reproche que l’on peut faire à Dead Space 2 est justement d’être trop fidèle au premier opus. C’est là encore affaire de subjectivité, la question étant de savoir si une suite se doit d’innover à tout prix, au risque de décevoir son public, ou si donner une expérience efficace et rodée au joueur n’est pas déjà un tour de force. À titre personnel, c’est surtout le manque de renouvellement des ennemis qui m’a un chouia déçu.
Alors, un Dead Space 1.5 plus qu’une vraie suite ? La question ne se posera pas pour ceux qui ont adoré l’épisode précédent. Et pour ceux qui attendaient de la nouveauté, c’est du côté du mode multi qu’il faudra se tourner !
Sur le net, tout le monde vous entendra crier…
Comme Assassin’s Creed Brotherhood et d’autres avant lui, Dead Space succombe aux sirènes du multijoueur. En bien ou en mal, la tendance est d’ajouter une composante multi à une IP dédiée à l’origine au jeu solo. Que devons-nous attendre du multi de Dead Space 2 ?
Pour le moment, un seul mode de jeu, mettant en opposition les gentils marines et les vilain necromorphs. Les premiers doivent remplir des objectifs de transport, défense et autres tâches stressantes, pendant que les seconds se feront une joie de venir perturber tout ça à coup de griffes et de galettes de vomi acide. Et là, toute la peur, la frustration, l’angoisse que l’on ressentait dans la campagne solo laisse place à la jouissance de pouvoir surgir d’un conduit d’aération pour égorger un ingénieur un peu trop distrait. Jouissif, le gameplay de chaque necromorph jouable est différent. Courir sur les murs, ralentir l’ennemi, lancer des prises d’exécutions instantanées, autant de mécaniques qui donnent un nouveau souffle au jeu. Stratégique et prenant, ce mode demandera de la coordination, tant côté humain que necro.
Un mode sympa, mais qui manque encore trop de diversité pour nous maintenir en haleine plus d’une poignée d’heures… Affaire à suivre avec d’éventuels DLC…
Il est à noter que, comme certains titre d’EA ces derniers temps (entre autres Need For Speed Hot Pursuit), ce jeu demande d’entrer un code présent dans le manuel pour accéder au contenu en ligne. Ce code est lié à un unique compte PS3, ce qui imposera l’achat d’un pass Online payant pour tout acheteur d’un Dead Space 2 d’occasion… Un système qui commence à se développer dans l’indifférence générale, et qui va continuer à transformer les usages videoludiques, déjà chamboulés par les DLC…
Replay value et NG+
Quid de la rejouabilité ? Dead Space 2 vous propose de recommencer le jeu en New game +, c’est à dire avec tout votre équipement de la partie précédente. Ceci prend tout son sens lorsque l’on sait qu’il est quasi impossible d’améliorer toutes les armes en une seule partie.
Au-delà de ça, Visceral vous offre la possibilité de découvrir le véritable sens du mot « survie », avec un mode de difficulté ultime ; celui-ci ne vous permettra de sauvegarder que 3 fois dans toute la campagne solo ! Bonne chance à ceux qui oseront relever le défi, quand bien même ils seraient équipés des armes et armures bonus déblocables sous certaines conditions.
Enfin, EA réserve une bonne surprise aux joueurs PS3. Le titre s’accompagne en effet de Dead Space Extraction ! Ce spin-off sorti sur Wii est parfaitement jouable au PS Move, compatible avec les Trophées Playstation, et s’avère être un cadeau très appréciable au vu de son prix de vente seul sur le PSN.
Visceral à d’ors et déjà annoncé la sortie prochaine d’un DLC prolongeant l’expérience solo. Si la date et le prix ne sont pas encore connus, il nous tarde tout de même de retourner découper du necromorph entre deux crises de panique !
Pas de HUD, toutes les informations utiles se trouvent sur votre personnage. Ici la colonne vertébrale-barre de vie mise à mal par une galette de vomi sulfurique…
- L’intensité et le rythme du jeu,
- La rejouabilité,
- L’ajout du multijoueur.
- Peu d’évolutions depuis le premier opus,
- Le manque de renouvellement du bestiaire,
- Le Pass Online d’EA.
La lecture c’est pas ton truc ? Résumé pour toi…
Dead Space 2 rempli son contrat en proposant une expérience riche et prenante. Si la formule peut sembler déjà vue, elle n’en demeure pas moins efficace. Un solo intense, un multijoueur sympathique bien qu’anecdotique et une bonne dose de rejouabilité font de ce jeu un indispensable pour tout fan de survival horror.
Visceral Games devra néanmoins se renouveler pour le prochain opus, au risque de gâcher l’énorme potentiel de cette saga qui s’inscrit parmi les plus prenantes de cette génération de consoles.

Ce jeu est trop bien,l’ambiance stressante et flippante est énorme, des nouvelles armes et des graphismes tout simplement énorme? Un jeu a absolument avoir.
Trop flippant… Pas pour moi :cwy: