
Konami nous a gentiment gratifié d’une copie de l’une de ses licences phares, et ça c’est plutôt cool. Ce qui l’est moins, c’est que le titre en question n’était vraiment pas top, voire même nul. Car malgré les éloges faites à son égard et les personnalités de talent qui ont participé à son élaboration, No More Heroes : Heroes Paradise n’est franchement pas terrible. Explications.
« Ce sont des choses qui arrivent », « L’erreur est humaine », « On ne peut pas être parfait à chaque coup »… autant d’expressions qui viennent irrémédiablement à l’esprit après quelques heures passées sur cette adaptation PS3 de NMH. NMH, un jeu qui avait pourtant fait les choux gras de la presse spécialisée (dans le sens positif du terme) à l’époque. Mais ça c’était en 2008 sur Wii.
Non là, décidément la mayonnaise ne prend pas, et ce pour diverses raisons. Mais arrêtons de geindre un moment pour nous concentrer sur le soft en lui-même. Soutenu par le célèbre studio Suda 51 (Grasshopper Manufacture), à l’origine d’un certain Killer 7, Heroes Paradise n’est pas non plus ce que l’on pourrait appeler une infâme bouse vidéoludique. Ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’un Suda.
Un univers déjanté et plutôt plaisant
Ceux qui connaissent déjà les premiers volets sur support Nintendo le savent : No More Heroes, c’est pô pour les gamins. Ça pisse le sang par hectolitres, ça fait des allusions salaces, et surtout c’est pas héroïque du tout. Ce serait même plutôt le contraire, puisque le but de notre protagoniste est de devenir le meilleur assassin de la ville de Santa Destroy. Bah voui, il est comme nous le Travis Touchdawn ; un peu couillon, obsédé par son look, et gavé à la culture pop/manga depuis qu’il est tout gosse. Tout sauf un héros quoi.
Il n’empêche que la geekerie ça nourrit pas son homme (sauf quand on fait notre boulot), et qu’il faut bien gagner sa vie. C’est donc armé d’un katana laser (le beam katana) déniché sur eBay et en supprimant froidement son prochain que Travis entend se remplir les fouilles, mais également impressionner et séduire son employeur : la plantureuse blonde Sylvia Christel. Il ne reste plus alors au joueur qu’à partir à la recherche des 10 meilleurs assassins de la zone pour prendre la place de « number 1″… en butant tout les gêneurs au passage.
En parlant de ça justement ; contrôler Mister Touchdown est assez jouissif. Notre filou au blouson rouge cache une puissance et des aptitudes au combat phénoménales et laisse derrière lui des montagnes de cadavres, et collectionne toutes sortes d’items pour décorer sa piaule minable. On s’identifierait presque au personnage, si celui-ci ne trucidait pas des hommes costumés par dizaines : le type mène une vie barbante, et essaie de gagner sa croûte tant bien que mal, y compris en acceptant des jobs pourris. L’ambiance sonore est également au rendez-vous, avec des dialogues drôles à souhait, une bande-son musicale éclectique, décalée et entraînante, ainsi que des bruitages efficaces notamment lors des séances de baston.
Mais revenons à l’aspect pop-culture qui fait toute la force de cette licence : l’allure de notre protagoniste, mélange de cowboy des temps modernes et d’Otaku cramé du bulbe chevauchant une moto tout droit sorti d’un épisode de Gundam et brandissant fièrement un sabre laser d’occasion, en dit long sur le bazar. Idem pour les boss de fin de niveau, qui cumulent à eux seuls les plus gros clichés de nos Comics et de nos Mangas préférés : fille ultra-sexy en tenue légère et dotée de gros guns (Holly Summers), super-héros américain de pacotille au costume ridicule (Destroyman), baby-doll psychopathe qui défonce des crânes à coups de batte de baseball (Bad Girl), yakuza tatoué de la tête aux pied armé d’un cimeterre géant (Death Metal)… Ça fait bien la rigolade.
Mais une jouabilité qui laisse franchement à désirer
Vous l’aurez compris, NMH c’est avant tout un univers mature, plein d’humour et un jeu aux graphismes particuliers qui a déjà conquis son public sur Nintendo, grâce notamment au gameplay intuitif de la Wiimote. HP conserve toutefois les principaux défauts des versions concurrentes au lieu de les corriger, ce qui est fort regrettable. On est certes heureux de profiter enfin d’une version non censurée et d’un portage HD bien plus flatteur pour le regard, mais le reste n’a pas de quoi rendre jouasse. C’en est même désarmant.
Chaque évènement déclenché et chaque entrée ou sortie d’un bâtiment donnent lieu à d’insupportables temps de chargement dont la longueur n’a d’égale que la fréquence. Un point agaçant qui ne se justifie même pas dans la richesse des décors : ces derniers sont fades, épurés et quasi-exempts de toute forme de vie. C’est la déprime. Et ce ne sont pas les missions intermédiaires, l’élimination des petites frappes qui vous barrent la route ou la conduite en moto -catastrophique- qui vous feront retrouver le sourire. C’est répétitif à souhait et ponctué d’animations vieillottes. Bref, on s’******e.
On en vient à se languir des prochains combats contre les maîtres assassins, phases de jeu particulièrement bien amenées, intenses et jouissives, sur lesquelles reposent finalement tout l’intérêt du soft. Ces confrontations dantesques permettent d’ailleurs au joueur d’enchaîner les « furies » qu’il a cumulé au long de ses pérégrinations, ce qui ajoute un peu de piment. Mais bon sang, qu’est-ce que c’est raide ! Malgré tout l’intérêt que présente la détection de mouvement du système PS Move (vive la pompage de Wiimote), on a vraiment l’impression de diriger un Travis dénué d’articulations.
Seulement le PS Move, bah c’est pas vendu avec le jeu ou la console, à moins d’avoir chopé un pack spécial ! Et c’est bien là qu’est l’os : le joueur peu fortuné qui ne possède pas le précieux, devra se contenter de jouer à la manette. Pauvre de lui. Le Dualshock rend les différentes phases de jeu encore plus poussives et soporifiques, finissant d’achever les gamers les plus courageux (on sait de quoi on parle). Décidément ce jeu est un véritable paradoxe, à la fois génial et totalement dépassé, ce qui pose un gros problème pour l’évaluation, cela va de soi. Doit-on s’attacher à son esthétique singulière ou juger sa « pauvreté ludique » ?
- Univers fun plein de références,
- Ambiance sonore dans le ton,
- Combat contre les boss intenses.
- Missions intermédiaires ennuyeuses
- Gameplay agaçant au Dualshock
- Temps de chargement et animations
La lecture c’est pas ton truc ? Résumé pour toi…
Il faut bien le dire, No More Heroes : Heroes Paradise ne brille que par son ambiance générale faite d’humour et de références au jeu vidéo. Ce qui pourrait être un grave défaut devient du coup une qualité : le titre se termine en mois de 10 h et ne propose aucun mode coop’. En clair, on plie le tout une bonne fois en rassemblant tout son courage et on passe à la suite… et ce ne sont pas les 2 niveaux de difficulté proposés (sucré et salé) qui rattrapent quoique ce soit. C’est quand-même bien dommage. Je vais de ce pas aller me consoler (sans mauvais jeu de mot) sur Killer 7, moi.




j’ai pas accroché non plus… encore heureux que je l’ai pas acheter ^^
« Portage » HD d’un jeu sorti 3 années plus tôt sur Wii que l’on pourrait résumer à l’aide de ce seul mot : Médiocre !
Techniquement dépassé, on peine franchement à se laisser prendre au jeu si ce n’est pour l’attrait que représente le PS Move
60€ ? Passez votre chemin…