
Le jeu vidéo évolue, comme ses comparses musicaux ou cinématographiques. Après les disquettes, les cartouches et aujourd’hui le dvd/blu-ray, que nous réserve le futur ? Quelle sera la prochaine étape ?
Embarquez avec moi dans ma Delorean, nous allons jeter un coup d’œil pour voir ce que nous réserve le monde vidéoludique de demain … Quoi ? Nom de Zeus … l’avenir est-il déjà à nos portes ?
Onlive : quand le jeu vidéo se met au Cloud
Qu’est ce que c’est ?
Oui, vous avez bien lu. Le Cloud, ou le stockage de données sur des serveurs, accessibles par tous sur toutes les plateformes. Alors que ce système est déjà très largement répandu du côté de Google, Apple ou encore Youtube, d’autres médias commencent à lorgner sur ce type de procédé …
Qui n’écoute pas ses tubes préférés sur Deezer ? Qui ne regarde pas ses vidéos favorites sur les sites de streaming ? Ce n’est que l’évolution de notre société, toujours aussi versatile, de plus en plus nomade. Imaginez une seconde que ce principe puisse s’appliquer aux jeux vidéo ?
Cette idée folle a été dévoilée au Game Developers Conference en 2009 et n’a pas cessé de germer jusqu’à éclore le 17 juin 2010 aux États-Unis. Cette idée c’est Onlive, un service de jeu vidéo à la demande. À l’instar de ses homologues de l’industrie du disque ou du dvd, la plateforme vous propose de jouer à des titres contre quelques pièces d’or, sans bouger de votre canapé. Au prix de l’essence en ce moment, c’est toujours ça de pris. Oui, le geek aime trouver des excuses bidons pour ne pas mettre les pieds dehors.
Comment cela fonctionne ?
Pour caricaturer un peu la chose, c’est le même principe que Youtube. Nul besoin d’insérer une galette dans le lecteur de disque ou de télécharger et installer le titre sur un PC. Tout ce fait via le cloud (le nuage).
Les jeux sont stockés sur des serveurs distants et sont délivrés par le miracle de l’internet moderne. Un premier flux envoie l’image et le son sur votre écran. Un second, en retour, envoie à la base de données les « mouvements » du protagoniste ou du véhicule. Un troisième renvoie l’image, le son et les déplacements. Ainsi, les jeux peuvent prendre vie sur une bête de course datant de 2001.
Pour intégrer l’aventure, il suffit de télécharger l’application « Onlive Launcher ». Après l’installation et la création d’un compte, vous êtes projetés dans le futur du jeu vidéo … Nom de Zeus !

Une plateforme complète
Une fois connecté, l’écran principal s’offre à vous. Composé de plusieurs onglet, le menu est à la fois simple et bien agencé. Alors que les parties Profile, Friends, Options ou Showcase sont présentes (mais dénuées d’un véritable intérêt dans ce dossier), nous allons plutôt nous attarder sur les restantes.
À l’instar de la section « achat » d’iTunes, le Marketplace est, comme son nom l’indique, le supermarché du coin. Vous y trouverez près de 150 titres différents, des plus anciens (Deus Ex premier du nom, Hitman 2 …) aux plus récents (Assassin’s Creed Revelations, Batman Arkham City, Saints Row : The Third …). My Games est votre frigo, là où vous stockez vos titres achetés, et Last Played est votre pizza déjà entamée, lançant le dernier jeu auquel vous avez joué.
Au niveau social, outre la partie Friends, vous trouverez Arena. Cette section est très réussie : elle vous propose de voir les parties des autres utilisateurs d’Onlive en direct ! Regardez alors s’agencer le scénario d’un titre sans que vous aillez à poser les mains sur ce dernier, ou encore chopper quelques astuces sur le multijoueur d’un jeu en décortiquant les actions d’un « pro » s’acharnant contre ses cibles.
Combien ça coûte ?
La question primordiale. Sachez que lors de son annonce, Onlive devait proposer un abonnement payant de 15$ par mois . Le 4 octobre 2010, les dirigeants annoncent qu’il n’y aura plus d’abonnement, le service en lui-même sera gratuit.
Vous pouvez donc poser vos yeux sur la plateforme sans lacher ne serait-ce qu’un seul petit dollar. Dollar ou Livre Sterling oui, car pour le moment, le service n’est disponible qu’aux States et en Grande Bretagne. Cela n’empêche cependant pas d’en profiter, rassurez-vous.
Concernant la grille tarifaire, vous avez trois solutions. La première, acheter vos jeux au détail. Les tarifs sont plutôt avantageux, tant que le taux de conversion dollar/euro reste tel qu’il est aujourd’hui (et pas comme les géants du secteur le voient : 1€ = 1$).
Ainsi, baladez Ezio dans Assassin’s Creed : Revelations pour 49,99$ (37€), ou détruisez tout sur votre passage dans Saints Row : The Third pour le même prix.
Seconde solution, le PlayPack. Pour 9,99$ (7,40€) par mois, vous obtiendrez un accès gratuit à une centaine de jeux et 30% de réduction pour les autres ! Y’a pas à dire, c’est de la bonne affaire !
Troisième solution, « louer » le jeu pour 5,99$ (4,40€) ou 6,99$ (5,20€) les trois jours ou 8,99$ (6,65€) les cinq jours. De quoi tester un titre tranquillement, voir même le finir pour les plus courts d’entre eux.
Si vous désirez passer par la case télévision, le pack « boîtier + manette + 1 jeu offert » se négocie à 119,99$ (88,70€). Le même pack avec un abonnement un an PlayPack s’échange contre 159,99$ (118,30€). Voyez les affaires qu’elles sont bonnes ! Attention cependant, comme cité précédemment, le service étant disponible que dans des pays anglophones, les jeux disponibles embarquent uniquement la langue de Shakespeare.

OnLive : Start the game !
Les préparatifs
Nous revoilà dans le cœur d’Onlive, le Marketplace. Vous pourrez donc naviguer dans un menu vous présentant toutes les galettes consommables aux tarifs qu’on a cité plus haut. Lorsque vous sélectionnez un jeu, on vous donne quelques informations comme son prix, les modes de jeu disponibles (solo, multijoueur), les contrôles (clavier/souris ou pad) ainsi que le(s) studio(s) de développement et l’éditeur.
À partir de là, deux choix s’offrent à vous : acheter le jeu ou l’essayer gratuitement. Car oui, Onlive vous permet d’essayer le jeu pour pas un rond ! Il n’est pas question d’une vulgaire démo ici, mais plutôt d’un essai libre de 30 minutes (que vous pourrez refaire à l’infini) ! Rien que pour ça, Onlive vaut le coup d’être installé sur votre PC (ou votre Mac).
À quoi on joue ?
Avec une grosse centaine de jeux disponibles, vous avez l’embarras du choix. De Batman, en passant par Deus Ex, Fallout, Assassin’s Creed, Saints Row ou encore L.A. Noire, y’a de quoi faire. Cependant, on ne peut qu’être blasé de ne pas voir les titres de Valve ou d’Activision/Blizzard … Quelques galettes d’EA sont disponibles, mais pas les plus récentes (pas de Battlefield 3 à l’horizon …).

Press Start !
Ça y est, nous venons de lancer Batman Arkham City. « Quoi ? Vous avez déjà ce nouveau Batman ?! » Oui, il est disponible sur Onlive depuis une petite semaine, de quoi en profiter avant la sortie européenne !
Le PC utilisé pour ce test dispose d’un processeur Pentium Dual-Core CPU E5300 cadencé à 2.60GHz avec 3 Go de RAM et une « carte graphique » Intel G45 Express Chipset. Ce n’est pas fameux. Cependant, une fois les quelques secondes qui nous séparent de la jubilation ultime envolées, le constat est effarant. Le rendu graphique est bon ! C’est vrai, ce n’est pas le même rendu qu’on pourrait trouver sur une bête de course, le traitement compressant les images rendant un aspect graisseux et moins détaillé à ces dernières, mais cela reste correct.
La grande question qui nous turlupinait avant le lancement de ce service portait sur le « lag ». Puisque les données ont besoin de faire un long chemin avant d’être traitées, on peut alors penser que certaines phases de jeu peuvent être ralenties. La firme recommande une connexion de plus de 5 Mbps pour la HD (720p) et de 1,5 Mbps pour la SD. À la rédaction (en plein centre de Paris), avec 21656 kbit/s, nous sommes largement dans les normes.
Alors, ça lag ou pas ? Pour être franc, oui. Cependant, sur un jeu d’action à la troisième personne comme ce Batman ou un Assassin’s Creed, ces ralentissements sont à peine perçus. Évidemment, tout dépend de la connexion que le joueur possède. Les habitants des zones rurales seront moins bien servis que ceux des grandes villes.
Ainsi, notre Batinou botte les fesses des sbires du Joker de façon fluide et totalement jouable. Enfin presque, car en mode « Free Trial » (version d’essai gratuite), il nous est impossible de configurer les touches. Comme vous le savez, nos amis anglophones possèdent des claviers QWERTY et non AZERTY ! Nous sommes obligés de jouer avec les flèches, ce qui ne nous met pas une bonne position pour atteindre la barre d’espace ou Ctrl Gauche …
Concernant les FPS, Homefront par exemple, le lag n’est pas plus présent mais se fait ressentir davantage. Puisqu’il faut être beaucoup plus précis dans ses déplacements, on perçoit alors chaque ralentissement. Rassurez-vous cependant, il ne s’agit que de quelques soubresauts qui ne gâchent pas l’expérience de jeu.
Petit point positif pour ceux qui aiment porter des médailles, les haut-faits/succès/trophées sont également disponibles ! Elle a vraiment tout d’une console ou d’un PC cette plateforme …
Et la télé ou l’iPad ?
Pour utiliser Onlive sur votre téléviseur, il faut investir dans le boîtier et la manette. Une fois votre carte de crédit allégée de la somme annoncée, le fonctionnement est le même qu’avec un PC, à l’exception près que vous jouerez avec un pad qui fait un peu cheap …
Concernant l’iPad, la dernière mise à jour permettrait d’utiliser certains jeux directement sur votre tablette. From Dust par exemple, a été conçu conjointement pour Onlive et profite de l’ergonomie des dalles tactiles. Pour le moment, cette version n’est pas encore optimale à cause d’un réseau sans fil moins performant qu’une connexion filaire.
Onlive : le futur du jeu vidéo ?
Même si la plateforme n’est pas exempte de tout défaut, elle reste très attirante. Jouer aux jeux qu’on aime sur n’importe quel support ou tester les titres dont on a envie gratuitement, c’est ça le futur du jeu vidéo !
Cependant, si vous êtes à la campagne et que votre débit n’est pas astronomique, que vous êtes allergique à l’anglais et que vous détestez les paiements en ligne, quittez cette page et allez manger un sandwich à la fraise.
Disponible depuis septembre en Europe (Grande Bretagne) et prochainement en Belgique et au Luxembourg, il faudra encore attendre pour voir Onlive arriver dans nos contrées de manière officielle. Nous français, nous ne pouvons qu’essayer les jeux en « Free Trial » pour le moment … Comme on a hâte …

Ayant tester onlive sur mon Macbookpro (Et oui pas de soucis de compatibilité, et ça c’est un grand luxe pour les pro Apple ^^), j’en suis très ravi !
Concernant les lags, j’en ai pas eu pour le moment … et tout ça en Wi-Fi, donc une preuve que ce service n’est pas trop gourmand.
Le gros atout que propose OnLive, c’est tout de même de pouvoir jouer à n’importe quel jeu sans se soucier de changer de carte graphique ou de rajouter de la RAM pour que notre nouveau joujou puisse un minimum suivre sur notre bécane
Dernier point, je viens d’apprendre dans ce dossier, qu’il était possible de pouvoir jouer aux jeux vidéo via ce service sur notre cher TV, et ça c’est vraiment pas mal !
Bref, pour conclure, je pense que Onlive et le Cloud Gaming est le future du jeu vidéo !
ça déchire !!
Le projet est vraiment super intéressant et propose déjà des prestations de qualité. On regrettera toutefois les latences perceptibles notamment sur les FPS qui gâchent l’expérience de jeu.
Le cloud gaming a de beaux jours devant lui et Onlive sera vraisemblablement un acteur majeur de ce nouveau marché !